HiStOiReS GeOrGiEnNeS
VOYAGES D'UN PARISIEN EN GÉORGIE : KAKHÉTIE (SIGHNAGHI, UJARMA, ALAVERDI, KISTAURI), IMÉRÉTI (UBISA, SHROSHA)


Accueil
Qui suis-je ?
Mon itinéraire
Livre d'or
Archives
Mes amis
Album photos

Mes albums

Derniers articles

TOAST GÉORGIEN (nov. 2013)
'LA VOIX DE ROUSTAVELI" de IRAKLI ABACHIDZE (1960) (nov. 2013)
"LA NUIT ET MOI", de GALAKTION TABIDZE (1892-1959)
UBISA (1) (Géorgie) (11.10.2013) (11 PHOTOS)
UBISA (2) (Géorgie) (11.10.2013) (12 PHOTOS)
MAÏS, GRENADES ET KARALIOKI (Kistauri) (Kakhétie, octobre 2013) (14 PHOTOS)
CHÂTRONS LES COCHONS ! (Kistauri) (Kakhétie, octobre 2013) (13 PHOTOS)
ALAVERDI ou de l'UBIQUITÉ (Kakhétie, octobre 2013) (13 PHOTOS)

La carte des lieux visités



Rubriques

A1. LITTERATURE
A2. POEMES
A3. POESIE GEORGIENNE
A4. RECIT
B. HISTOIRE, POLITIQUE
C. GEOGRAPHIE
D. LANGUES
E1. THEATRE, DANSE
E2. MUSIQUE
E3. ARCHITECTURE
E4. PEINTURE, SCULPTURE
F1. EGLISE ORTHODOXE
F2. AUTRES RELIGIONS
G. MANGER, BOIRE
H. VIE RURALE

Sites favoris

http://vagabonder.uniterre.com
http://inde.uniterre.com
http://inde.uniterre.com
http://inde2.uniterre.com
http://inde3.uniterre.com
http://nepalaises.uniterre.com

Newsletter

Saisissez votre adresse email

MAÏS, GRENADES ET KARALIOKI (Kistauri) (Kakhétie, octobre 2013) (14 PHOTOS)

 

 

 

 

 

 

MAÏS, GRENADES

 

 

ET KARALIOKI

 

 

 

(Kistauri)

 

 

 

 

 

 

 

 

1

 

 

 

En octobre, je séjourne quelques jours à Shrosha (Imérétie) puis à Kistauri (Kakhétie).

Les vendanges, les churchkhelas ou la castration des cochons font l'objet d'articles.

Parlons maintenant de maïs, de grenades et de karalioki.

 

 

 

2

 

 

 

Les épis de maïs sèchent sur les terrasses des maisons.

On les attachent par les feuilles pour les suspendre à cheval sur les balcons, exposés directement au soleil.

La place manquant, on les suspend sur des cordes comme du linge.

 

 

 

 

 

Souvent, on stocke les épis nus sur le sol des terrasses, dans les zones les plus ensoleillées.

C'est un terrain de jeu intéressant pour les enfants.

 

 

 

 

Ils s'amusent à lancer les épis contre les murs, pour créer de nouveaux tas.

 

 

Quand les cochons s'agitent, grognent de plus en plus dans la porcherie, c'est qu'ils ont faim.

On remplit sur la terrasse un seau de maïs.

La distribution faite, les cris cessent.

 

 

On ne laisse pas les épis sur la terrasse, mais on les stocke dans un grenier, où ils sont mieux protégés.

 

 

 

 

 

Certains épis de maïs sont magnifiques.

Que pensez-vous de ces couleurs ?

 

 

 

 

 

 

3

 

 

 

Je trouve des grenadiers un peu partout en Géorgie.

Se gorger d'une grenade mûre, c'est mordre la bouche d'une femme à l'haleine capiteuse.

 

 

 

 

 

En octobre, les fruits sont encore durs, il faut attendre pour les cueillir.

 

 

Le rouge soutenu des grenades attire.

On les dirait vernies, une à une, par un peintre méticuleux, après chaque averse.

 

 

 

 

 

Faire rôtir de la viande sur un feu de bois dans la nature est un plaisir indispensable entre amis.

Avant de servir, arroser la viande d'un jus de grenade...

 

 

 

 

 

À Shrosha, je découvre des grenades merveilleusement éclatées.

On pense à certaines plantes carnivores s'apprêtant à gober un insecte. Ou à des sexes de femme grands ouverts.

Depuis toujours, les hommes ont fait de la grenade le fruit érotique par excellence.

 

 

 

 

 

4

 

 

 

La Géorgie est couverte d'arbres aux fruits oranges.

 

 

 

 

 

On croit voir d'abord des orangers.

Selon la distance et la lumière, on peut imaginer des abricots ou des pêches.

 

 

 

 

 

Mais en s'approchant, le doute n'est plus permis : cet arbre peu connu en France n'a rien de commun avec l'oranger.

 

 

 

 

 

Son fruit s'appelle karalioki.

Lorsqu'il est très mûr, il devient rouge et porte le nom de khurma. Je le préfère rouge à orange.

La chair devient fondante, juteuse, c'est un régal.

 

 

 

 

 

 

Lionel Bonhouvrier.

 



Lien

Publié à 14:05, le 8/11/2013 dans H. VIE RURALE, K'istauri
Mots clefs :

CHÂTRONS LES COCHONS ! (Kistauri) (Kakhétie, octobre 2013) (13 PHOTOS)

 

 

 

 

 

 

 

CHÂTRONS LES COCHONS !

 

 

(Kistauri)

 

 

 

 

 

 

 

 

1

 

 

 

À la ferme, certains travaux sont plaisants, d'autres beaucoup moins.

Pour châtrer les cochons, on trouve moins de volontaires que pour fabriquer des churchkhelas...

 

 

Maia ne veut pas voir ça.

Loin de la basse cour, elle se réfugie à l'étage dans une chaise longue, parmi les épis de maïs, qui sèchent sur la terrasse avant d'être stockés au grenier.

Malheureusement, les cris des porcs sont perçants...

 

 

 

 

 

2

 

 

 

Cette fois, je photographie sans participer à l'opération "Châtrons les cochons !"

De la porcherie, située dans la basse cour, Nodari extrait un jeune porc. Il le soulève, le porte cahin-caha jusqu'à son matériel. Il le plaque sur le sol :

 

 

 

 

 

Le porc se débat, pressent une catastrophe. Il gigote et hurle à pleins poumons. Son instinct ne le trompe pas.

Un mauvais plan menace ses valseuses.

 

 

 

 

 

Nunuka et une voisine aident à immobiliser l'animal.

Non sans mal. Elles tiennent la tête et les pattes.

 

 

 

 

 

Nodari dégage les bourses, les nettoie à l'alcool.

 

 

 

 

 

Vétérinaire, il opère rapidement, avec dextérité.

Au scalpel, il incise la peau de la bourse, sort la gonade :

 

 

 

 

 

 

 

Le porc se tord de douleur, hurle à la mort.

C'est poignant, cela retourne le coeur.

Mais il est immobilisé fermement.

 

 

 

 

Nodari coupe le nerf tenant la gonade, la dépose dans un bassin de chirurgie :

 

 

 

 

Il nettoie la plaie à l'alcool, puis la désinfecte :

 

 

 

 

 

Procédé identique pour extraire la seconde boule.

À la fin de l'opération, on lâche le porc, privé de ses baloches. Il s'enfuit aux fins fonds de la basse cour, se dissimule derrière des arbres.

 

 

Les habitués surveillent chaque porc lâché.

Une vengeance est-elle possible ?

Mais le traumatisme les pousse à se cacher très loin.

 

 

Nunuka abandonne au second cochon, se replie vers la maison. La voisine la remplace efficacement...

Et son garçon de neuf ans assiste aux castrations sans montrer de sensibilité.

 

 

Bilan de ces opérations chirurgicales :

 

 

 

 

Alerté par les hurlements, un voisin arrive en renfort.

Il y a sept cochons à dévaliser de leurs bijoux de famille.

Au quatrième ou au cinquième, je fuis basse cour et hurlements. J'ai fait le plein de photos.

Rester serait un supplice.

 

 

Dernier regard aux pauvres ennuques. 

Être contraints d'abandonner leurs oeufs dans le poulailler, quelle honte !

Pour le moment, il remuent le sol de leurs groins insatiables.

 

 

 

 

3

 

 

 

Le lendemain, un plat attire les regards sur la table familiale.

En France, nous appelons cela des rognons.

Les amateurs ont-ils oublié la razzia sur les cochons ?

 

 

Quel plaisir de canibales à faire mijoter ces balles aux oignons et aux herbes dans la poelle !

Avec du persil, c'est meilleur.

Pendant que leurs ex-propriétaires fouillent la basse cour de leurs groins, entre deux soupirs, obsédés à la mangeaille.

 

 

 

LIENS avec ce TEXTE :

 


30/10/2013: CHURCHKHELA (Kistauri) (octobre 2013) (9 PHOTOS)


9/10/2013: VENDANGES À SHROSHA (9.10.2013) (12 PHOTOS)

 

 

 

Lionel Bonhouvrier.

 



Lien

Publié à 08:21, le 7/11/2013 dans H. VIE RURALE, K'istauri
Mots clefs :

VENDANGES À SHROSHA (9.10.2013) (12 PHOTOS)

 

 

 

 

 

 

VENDANGES À SHROSHA

 

 

(Géorgie)

 

 

 

 

 

 

 

 

1

 

 

 

 

Après un séjour à Shrosha, chez une tante de Maia en septembre, je décide de participer aux vendanges.

De Tbilisi, il faut compter trois heures en minibus. Nous arrivons le 8 octobre en fin de matinée.

La tante et la mère de Maia préparent un déjeuner copieux que nous mangeons avec Irakli dans le jardin.

 

 

La vendange commence après le café.

Le vignoble occupe un terrain assez vaste entre la route et le jardin. Un franc soleil dans le ciel bleu, un léger vent rendent le travail agréable.

 

 

Les quatre cueilleurs choisissent un rang au bas de la vigne et remontent peu à peu vers la maison.

Enfouis entre les ceps, nous ne nous voyons guère, mais nous entendons parfois le bruit de nos sécateurs.

 

 

 

 

On comprend vite les gestes indispensables au vendangeur.

Où couper les tiges, comment placer la main gauche en coupe, pour recevoir la grappe.

Comment placer le seau de 10 litres entre deux rangées pour aller de l'une à l'autre avec efficacité.

 

 

J'élimine systématiquement les grains desséchés ou abimés.

Au bout d'une heure, mes mains poissent de jus sucré. Cela attire les abeilles. Je monte les laver à la fontaine du jardin, ainsi que le sécateur, deux ou trois fois ce jour-là

 

 

 

2

 

 

 

Mercredi 9 octobre, à 7h du matin, j'accompagne Maia jusqu'à la route. Elle repart à Tbilisi pour son travail.

 

 

 

 

 

Le brouillard règne, bonnet et gants sont utiles.

 

 

 

 

 

Il fait froid et humide, mais le brouillard enchante les jardins, les maisons et la route.

 

 

 

 

 

Nous n'attendons guère car de nombreuses marchoutkas roulent vers Tbilisi.

 

 

Je m'offre une promenade matinale après la dissipation du brouillard.

Dans la cuisine, j'écris les premières lettres de l'alphabet géorgien... en attendant le petit-déjeuner, servi vers 9h.

Personne ne parle français, anglais ou allemand, y compris Irakli, le cousin de Maia.

Nos échanges se réduisent à quelques mots de russe, de géorgien, voire d'anglais.

 

Puis vendanges de 10h à 14h30.

Micha, un ami d'Irakli, nous rejoint vers 13h.

Constatant que les seaux de mes compagnons comptent nombre de grains abimés, je deviens moins perfectionniste.

Mes mains sont moins collantes. Et je remplis les seaux beaucoup plus vite.

 

Cette vigne compte deux sortes de raisins blancs.

Le tsolikouri contient entre 18 et 22 % de fructose.

 

 

 

 

 

Les grains du tsitska, plus serrés, forment des grappes compactes et lourdes. Plus juteuses, leur peau est plus fine. Elles contiennent entre 17 et 19 % de fructose.

 

Au déjeuner, Micha me traduit en anglais les sujets principaux de la conversation.

Un ami de Tbilisi vient de perdre sa mère. Ils iront le lendemain à son enterrement.

Irakli et Micha portent des toasts à cette femme, à l'automne, au succès des vendanges, entre autres.

 

 

 

3

 

 

 

Pendant deux soirées, nous travaillons au cellier.

L'élément central est un grand abreuvoir en bois, où commence la transformation du raisin en vin.

Nous déposons les grappes dans un récipient entonnoir fixé au-dessus de l'abreuvoir.

 

 

 

 

Elles passent entre deux rouleaux de métal qu'un moteur fait tournerUne commande actionne le moteur.

 

 

 

 

Pendant des années, Irakli écrasait le raisin de ses pieds.

Le moteur et la presse permettent d'aller beaucoup plus vite et d'être moins fatigué.

Le premier soir, Maia manoeuvre la commande pendant que j'aide Irakli à charger les seaux de raisins dans l'entonnoir aux rouleaux métalliques.

 

Le jus coule dans l'abreuvoir, emplit progressivement une jarre.

Les raisins blancs donnent une couleur vert jaune.

Chacun veut goûter ce premier jus et je vais à la cuisine récupérer quelques verres. 

Il est délicieux, plus sucré que je ne m'y attendais.

 

 

Quand la jarre est pleine, on transverse le jus dans des seaux de 10 litres, versés dans un énorme tonneau.

 

 

 

 

Les tonneaux contiennent du soufre brûlé (SO2), des sulfides. Il se transforme en acide au contact de l'eau (H2SO3). Cela tue tous les microbes.

Peu à peu, le jus de raisin se tranforme en vin.

 

 

Chaque soir, Irakli chausse ses bottes de caoutchouc.

 

 

 

 

Dans l'abreuvoir, il foule les résidus de pulpes, de pépins et de branches.

 

 

 

 

Plusieurs opérations sont nécessaires pour extraire tout le jus de la masse des résidus de raisin.

Irakli les entasse dans l'abreuvoir à l'aide d'une pelle de bois, pour mieux les compresser.

Le jus prend une couleur vert foncée, voire brune.

 

Chaque fois que l'on verse un seau de 10 litres dans un tonneau, on place un grain dans un rainure du déversoir.

Le premier soir, au vingtième seau, Irakli évalue la récolte à 1200 kg de raisin.

Dans le domaine viticole, l'unité n'est pas le litre mais le puti (16 litres).

 

 

Le lendemain soir, nous atteignons 240 litres de jus. Combien de putisà votre avis ?

Nous remplissons ensuite des bidons de 20 litres pour Micha et des membres de la famille.

 

 

 

4

 

 

 

Le troisième jour, une promenade matinale sur une colline me permet de voir les maisons dispersées de Shrosha dans la vallée.

Les vendanges sont terminées.

À mon retour, Irakli et Micha ont nettoyé l'abreuvoir, démonté le déversoir et le moteur.

 

 

Dans la cuisine, les femmes ont plumé une des deux poules, qui arpentaient le jardin. 

Sacrifice culinaire aux vendanges.

La survivante picore tranquillement dans une inconscience parfaite du sort que la cuisinière lui réserve.

 

 

Au petit-déjeuner, nous discutons de la journée.

Ils me proposent de les accompagner à l'enterrement, mais je préfère découvrir Ubisa, situéà quelques kilomètres.

Je pense aux fresques de l'église. Mais le cimetière va beaucoup m'intéresser également...

 

 

 

LIENS avec ce TEXTE :

 

7/11/2013: CHÂTRONS LES COCHONS ! (Kistauri) (Octobre 2013) (13 PHOTOS)


30/10/2013: CHURCHKHELA (Kistauri) (octobre 2013) (9 PHOTOS)

 

10/09/2013: LA RIVIÈRE (poème) (Shrosha, Géorgie, 8.09.2013) (1 PHOTO)

8/09/2013: JARDINS (poème) (Shrosha, Géorgie, 7.09.2013)

7/09/2013: SIESTE (poème) (Shrosha, Géorgie, 7.09.2013) 

 

 

 

Lionel Bonhouvrier.

 



Lien

Publié à 15:08, le 9/10/2013 dans H. VIE RURALE, Shrosha
Mots clefs :