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VOYAGES D'UN PARISIEN EN GÉORGIE : KAKHÉTIE (SIGHNAGHI, UJARMA, ALAVERDI, KISTAURI), IMÉRÉTI (UBISA, SHROSHA)


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DES VIGNES ET DES ARBRES (Kistauri) (Kakhétie, oct. 2013) (10 PHOTOS)

 

 

 

 

 

 

DES VIGNES ET DES ARBRES

 

 

(Kistauri)

 

 

 

 

 

 

 

 

Dans une autre vie

 

je fus un jardinier épanoui

 

ébloui de l'aube au crépuscule.

 

 

 

 

 

 

Quant au jardin d'Eden

 

le travail n'y existait pas

 

mais j'y plantais des vignes et des arbres.

 

 

 

 

 

 

Manger des fruits, boire du vin

 

cela ne suffit pas.

 

 

 

 

 

 

Le bonheur est de parfaire

 

ce que nature invente

 

en sa fécondité généreuse.

 

 

 

 

 

 

Le jour, nous aidons les pommiers

 

à pondre des pommes

 

les raisins à devenir vin.

 

 

 

 

 

 

La nuit, à des récoltes

 

gargantuesques

 

nous rêvons

 

 

 

 

lors de fraternités impensables

 

nous nageons dans des océans de vin

 

bondissons, espiègles dauphins.

 

 

 

 

 

 

Lumière de création du monde.

 

 

Les feuilles des ceps déclinent

 

les couleurs de l'arc-en-ciel :

 

vert, jaune, ocre, orange, rouge, rouille, brun, violet...

 

 

 

 

 

 

Les poumons régénérés

 

tout me passionne :

 

vignes en feu

 

arbres jaunes en fête

 

buissons, fleurs, bottes de foin

 

maisons, cabanons dispersés,...

 

 

 

 

 

 

 

Lionel Bonhouvrier.

 



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Publié à 08:11, le 31/10/2013 dans A1. LITTERATURE, K'istauri
Mots clefs :

CIMETIÈRES (UBISA) (11.10.2013) (6 PHOTOS)

 

 

 

 

 

 

CIMETIÈRES (UBISA)

 

 

 

 

 

 

 

 

1

 

 

 

Je n'ai jamais caché mon amour des cimetières.

Malgré l'ostracisme, le rejet instinctif de la mort. 

Pourquoi garder un amour secret par respect de convenances sociales ?

 

 

 

 

 

J'aime les cimetières.

À l'école primaire, j'ai assisté avec ma classe à des cérémonies du onze novembre.

Je ne comprenais guère les discours d'hommage aux anciens combattants.

Devant les tombes au cimetière du vieux Pecq, je rêvais

Nulle envie d'écouter, ni de parler. Seulement de rêvasser aux trépassés, à leur silence fleuri.

Hypnotisé déjà par les foucades du temps ?

 

 

 

2

 

 

 

 

 

De passage à Ubisa, je flâne au cimetière.

Soleil et vent.

Arbres et plantes frémissent, oscillent dans la lumière.

Le lierre s'accroche aux troncs morts et aux poteaux de clôture. Les ifs jaillissent vers le ciel, leurs cimes se balancent doucement.

 

 

Mon coeur bat avec force, rythmant le présent, comme s'il ne devait jamais s'arrêter.

Tous ces morts, inconnus que je ne connaîtrai jamais.

Souvent, une photo avec deux dates. La durée au cour de laquelle leur coeur cognait dans leur poitrine.

 

 

Certaines familles ont installé une table de pierre ou de métal près d'une tombe. Elles peuvent venir s'asseoir, penser tranquillement aux disparus.

 

 

 

 

Une table et deux bancs de bois me plaisent beaucoup.

Je m'y attable pour écrire dans une solitude parfaite.

 

 

J'imagine un banquet improvisé avec trois joyeux lurons, qui multiplieraient, à la géorgienne, les toasts à leurs amis.

 

 

 

 

Des dizaines de jeunes, disparus brutalement en 1993, dans une Géorgie d'apocalypse.

Cibles de snipers, victimes de la route, suicidés, accidentés de toutes les manières imaginables... 

Assassinés par des porteurs de flingues déchaînés par l'évaporation de la police, ...

 

 

Accompagnée de chants d'adieu, la cérémonie - entre larmes et sourires - prendrait des heures...

 

 

 

LIENS avec ce TEXTE :

 


11/11/2013: UBISA (1) (Géorgie) (11.10.2013) (11 PHOTOS)
10/11/2013: UBISA (2) (Géorgie) (11.10.2013) (12 PHOTOS)

 

25/10/2013: LES FRESQUES D'UBISA (Géorgie) (11.10.2013) (16 PHOTOS)

 

 

 

Lionel Bonhouvrier.

 



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Publié à 15:44, le 12/10/2013 dans A1. LITTERATURE, Ubisi
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