HiStOiReS GeOrGiEnNeS
VOYAGES D'UN PARISIEN EN GÉORGIE : KAKHÉTIE (SIGHNAGHI, UJARMA, ALAVERDI, KISTAURI), IMÉRÉTI (UBISA, SHROSHA)


Accueil
Qui suis-je ?
Mon itinéraire
Livre d'or
Archives
Mes amis
Album photos

Mes albums

Derniers articles

TOAST GÉORGIEN (nov. 2013)
'LA VOIX DE ROUSTAVELI" de IRAKLI ABACHIDZE (1960) (nov. 2013)
"LA NUIT ET MOI", de GALAKTION TABIDZE (1892-1959)
UBISA (1) (Géorgie) (11.10.2013) (11 PHOTOS)
UBISA (2) (Géorgie) (11.10.2013) (12 PHOTOS)
MAÏS, GRENADES ET KARALIOKI (Kistauri) (Kakhétie, octobre 2013) (14 PHOTOS)
CHÂTRONS LES COCHONS ! (Kistauri) (Kakhétie, octobre 2013) (13 PHOTOS)
ALAVERDI ou de l'UBIQUITÉ (Kakhétie, octobre 2013) (13 PHOTOS)

La carte des lieux visités



Rubriques

A1. LITTERATURE
A2. POEMES
A3. POESIE GEORGIENNE
A4. RECIT
B. HISTOIRE, POLITIQUE
C. GEOGRAPHIE
D. LANGUES
E1. THEATRE, DANSE
E2. MUSIQUE
E3. ARCHITECTURE
E4. PEINTURE, SCULPTURE
F1. EGLISE ORTHODOXE
F2. AUTRES RELIGIONS
G. MANGER, BOIRE
H. VIE RURALE

Sites favoris

http://vagabonder.uniterre.com
http://inde.uniterre.com
http://inde.uniterre.com
http://inde2.uniterre.com
http://inde3.uniterre.com
http://nepalaises.uniterre.com

Newsletter

Saisissez votre adresse email

TOAST GÉORGIEN (nov. 2013)

 

 

 

 

TOAST GÉORGIEN

 

 

 

 

 

Je déteste les groupes.

 

Ce soir, nous sommes quatorze.

 

Vous voulez que je porte un toast

 

devant cette assistance d'amis de Maia.

 

Assistance trop nombreuse à mon goût.

 

Tant pis pour vous !

 

 

 

Je déteste les groupes.

 

Les groupent manquent d'élégance.

 

Ils sont bruyants, sans gêne

 

profitent souvent du nombre pour s'imposer.

 

 

 

Les groupes ressemblent à ses camions

 

mastodondes, claxonnant leur puissance.

 

Écartez-vous ! J'arrive !

 

Piétons et voitures doivent se garer.

 

Mourir écrasé est peu glorieux...

 

 

 

Je déteste les groupes monolingues.

 

Vous ne parlez que le géorgien.

 

Qui parle français ? Personne !

 

Qui parle anglais ? Personne !

 

Qui parle allemand ? Personne !

 

 

 

Je ne comprends pas le géorgien

 

quel ennui ! Être là parmi vous

 

à n'y rien comprendre

 

comme un pot de fleurs oublié !

 

 

 

Aussi, je porte un toast à l'amitié.

 

Elle nous réunit dans cette pièce.

 

L'amitié est aristocratique.

 

Un groupe nombreux n'est pas l'essentiel.

 

Ce qui importe, c'est la qualité

 

des relations entre amis.

 

 

 

Buvons à la qualité de notre amitié !

 

Buvons à l'élégance

 

au français, à l'anglais, à l'allemand

 

à l'attention que nous nous portons

 

les uns-les-autres.

 

 

 

Dépensons sans compter

 

le trésor de notre amitié

 

nous sommes riches à millions !

 

 

 

Nous sommes quatorze, est-ce grave ?

 

Jésus avait douze apôtres.

 

La qualité de ce groupe était bonne !

 

Et ils parlaient toutes les langues !

 

Parce que vous êtes les amis de Maia

 

je bois à notre amitié et à l'amour !

 

 

 

 

Lionel Bonhouvrier.

 



Lien

Publié à 09:16, le 20/11/2013 dans G. MANGER, BOIRE, Tbilissi
Mots clefs :

'LA VOIX DE ROUSTAVELI" de IRAKLI ABACHIDZE (1960) (nov. 2013)

 

 

 

LA VOIX DE ROUSTAVELI

 

de

 

IRAKLI ABACHIDZE

 

(1909-1992)

 

 

 

 

 

Extrait de "Sur les pas de Rustavéli", écrit après un voyage en Palestine en 1960.
Son équipe visite le monastère de la Sainte-Croix de Jérusalem, où elle redécouvre une fresque représentant Shota Rustaveli.
Aux dires d'un critique, "Ce poème bouleversa toute la Géorgie, il la bouleversa au plus profond de son cœur".

 

 

 

 

 

Langue géorgienne

 

O ma langue natale

 

O gloire de mon peuple

 

Tu t'élèves et planes

 

Comme la plus haute flamme de la Foi.

 

Toi, le baume apaisant de toutes nos blessures,

 

O ciment qui unit les pierres dans le mur,

 

À l'heure de la mort, je n'ai plus rien que toi

 

 

 

 

J'ai tout quitté,

 

Mes proches, des centaines

 

D'amis et ce qui délivrait

 

Le faux et le vrai,

 

L'amour et la haine.

 

Tout est fini...

 

Tout s'achève,

 

J'ai fait mes adieux aux mortels,

 

Mais toi seule demeure,

 

Toi seule es éternelle,

 

Toi seule

 

Je ne puis te quitter

 

Au moment où je meurs,

 

 

 

 

Le soleil qui portait mes rêves,

 

Le soleil qui me dévorait,

 

Les jours les plus délicieux,

 

Et tous les instants les plus doux,

 

Ont, ma langue natale, moins que toi de douceur,

 

O mon bonheur amer,

 

Et ma tristesse douce,

 

Tu peux tout dire à tous,

 

Et tout faire,

 

Héros des légendes,

 

O grand sage,

 

O stèle du passé, présage !

 

 

 

 

Tu sondes les secrets de la terre,

 

Et tu scrutes les cieux,

 

Tu es également le burin, le pinceau,

 

Le chant du berceau

 

Et la plainte dernière,

 

O Verbe des Ibères,

 

Langue de la reine Thamar,

 

Mon génie et mon art,

 

Tu t'élèves et planes,

 

O ma langue natale, ma langue natale !

 

 

 

 

Tout se peut, les puissances déchoir,

 

Au champ d'honneur les hommes trépasser,

 

La poussière altérer la mémoire,

 

La raison épuiser les yeux sur l'évidence,

 

L'éclair peut foudroyer toute semence,

 

Toute grandeur peut être abaissée,

 

Mais toi, tu restes impérissable,

 

Image que j'adore,

 

Le temps ne peut muer en sable

 

Ta chair que n'atteint pas la mort.

 

 

 

 

Langue géorgienne

 

O ma langue natale

 

O gloire de mon peuple

 

Tu t'élèves et planes

 

Comme la plus haute flamme de la Foi.

 

Toi, le baume apaisant de toutes nos blessures,

 

O ciment qui unit les pierres dans le mur,

 

À l'heure de la mort, je n'ai plus rien que toi.

 

 

 

 

Traduction de Serge TSOULADZE.

 

 



Lien

Publié à 15:27, le 15/11/2013 dans A3. POESIE GEORGIENNE,
Mots clefs :

"LA NUIT ET MOI", de GALAKTION TABIDZE (1892-1959)

 

 

 

LA NUIT ET MOI

 

de

 

GALAKTION TABIDZE

 

(1892-1959)

 

 

 

 

 

 

Tandis qu'en ce moment j'écris ces vers, minuit brûle et s'épanche.

 

Le vent, par les carreaux ouverts, des champs me chante la romance,

 

L'espace retient le manteau d'argent que la lune lui jette,

 

La brise agite l'ancolie et le lilas sous ma fenêtre.

 

Calmes palombes, des colonnes bleues parsèment le ciel blême,

 

Le sortilège l'envahit, comme les rimes de ce poème.

 

Une clarté laiteuse baigne tout objet, l'ombre qui luit

 

Est pleine de graves pensées comme mon cœur en cette nuit.

 

Ce cœur aussi par un secret depuis longtemps est habité,

 

je ne le révèle à personne, au zéphyr même je le tais.

 

L'amitié ne devine pas quelle amertume emplit le cœur

 

Et ce qui gît depuis des siècles dans ses vastes profondeurs.

 

L'instant de joie ne peut ravir au cœur ce qui l'enténébra

 

Ou la femme le dérober par les caresses de ses bras !

 

Ni le soupir chargé du rêve, ni le verre emplit de vin

 

Ne l'arracheront au tréfonds obscur du cœur où je le tiens.

 

Seule la nuit qui étincelle au milieu de l'insomnie

 

Connaît mon secret, elle sait tous les secrets, la blanche nuit,

 

Le sort de l'orphelin sur terre, ses supplices, ses effrois,

 

Nous sommes deux au monde, seuls,

 

La nuit et moi, la nuit et moi !

 

 

 

 

Traduction de Serge TSOULADZE.

 

 



Lien

Publié à 13:37, le 15/11/2013 dans A3. POESIE GEORGIENNE, Tbilissi
Mots clefs :

UBISA (1) (Géorgie) (11.10.2013) (11 PHOTOS)

 
 
 
 

 

 

U B I S A  (1)

 

 

(Imérétie)

 

 

 

 

 

 

 

 

1

 

 

DE SHROSHA À UBISA

 

 

 

Après deux journées de vendanges à Shrosha, je reste un jour de plus pour visiter Ubisa.

Le matin, un voisin m'accompagne en voiture à l'aller.

Je passe les heures chaudes dans le cimetière boisé.

 

 

Au retour, je marche au lieu de faire du stop.

Sous un soleil magnifique en fin d'après-midi, la vallée de la Dzirula entre les deux villages se dévoile lentement.

 

 

La route empreinte un pont franchissant la rivière.

 

 

 

 

Mais la plupart du temps, la route surplombe la Dzirula, dont les eaux étincellent dans la lumière.

 

 

 

 

 

Des cantonniers réparent la route au milieu des vapeurs de goudron.

L'un m'arrête et me questionne, fort curieux.

- "English ? English ?"

Que j'aille à pied l'intrigue.

Satisfait, il comprend que je suis Français, de Paris. 

 

 

La route relie Tbilissi et Koutaissi, les deux villes principales du pays. Un trafic important de voitures, de marchoutkas et de camions nécessite un entretien régulier.

Plusieurs routiers turcs s'arrêtent en bord de route pour se reposer au cours de leurs longs voyages.

 

 

L'église d'Ubisa apparaît au loin, puis grossit peu à peu au fil de la marche.

 

 

 

 

 

 

 

Les échappées visuelles sur la Dzirula dépendent de la densité de la végétation.

 

 

 

 

 

De la route, un raccourci à travers bois débouche près de l'église.

 

 

 

 

 

2

 

 

CIMETIÈRE D'UBISA

 

 

 

Je découvre Ubisa par la route, poussant un portillon du cimetière. 

J'y reste plusieurs heures avant de voir les fresques de l'église.

 

 

 

 

 

J'y écris "Cimetières", publié très vite dans "Histoires vagabondes".

 

 

Je ne sais ce qu'en pensent les morts.

 

 

 

 

Mais pour un vivant, ce vaste cimetière arboré est un lieu passionnant.

 

 

 

 

 

Je reviendrai à Ubisa, pour le simple plaisir d'y rêver et d'y écrire.

 

 

 

VOIR la SUITE sur :

 

10/11/2013: UBISA (2) (Géorgie) (11.10.2013) (12 PHOTOS)

 

 

 

Lionel Bonhouvrier.

 


Lien

Publié à 15:57, le 11/11/2013 dans A4. RECIT, Ubisi
Mots clefs :

UBISA (2) (Géorgie) (11.10.2013) (12 PHOTOS)

 
 
 

 

 

 

U B I S A  (2)

 

 

(Imérétie)

 

 

 

 

VOIR le DÉBUT sur :

 

11/11/2013: UBISA (1) (Géorgie) (11.10.2013) (11 PHOTOS)

 

 

 

 

3

 

 

LA BASILIQUE SAINT-GEORGES

 

 

 

 

 

 

Devant l'entrée actuelle, des pierres tombales rappellent le site du premier cimetière.

 

 

 

 

 

 

Un porche massif marque l'entrée médiévale.

Les murs épais aux galets apparents nous plongent dans une époque lointaine.

 

 

 

 

 

De l'extérieur, la basilique Saint-Georges (IVème siècle) est d'une grande simplicité

Les ornements d'architecture ou sculptés ressortent :

- encadrements de fenêtre :

 

 

 

 

 

- frises avec des lettres anciennes :

 

 

 

 

 

Derrière l'église :

- le mur possède plusieurs plaques, dont un lion sculpté :

 

 

 

 

 

Un jardin sert de cimetière annexe avec des tombes de pierre.

Deux tombes sont ornées de plantes fleuries.

 

 

 

 

 

L'église couverte de fresques est ouverte, mais la tour n'est pas accessible.

Quand on a des chèvres pour ancêtres, c'est un peu frustrant.

 

 

 

 

 

À la base de la tour, une plaque est gravée en alphabet géorgien.

Si quelqu'un m'envoyait la traduction, je lui en serais reconnaissant.

 

 

 

 

 

5

 

 

LE VILLAGE

 

 

 

 

 

 

Le noyau d'Ubisa est minuscule.

En cette partie du village, pas de commerce, juste un arrêt de bus.

Hors le complexe religieux, le tour en est vite fait.

 

 

L'école est construite au bord de la rivière, enjambée par un vrai pont de pierres.

Mais les rives sont moins attractives qu'à Shrosha.

 

 

Un étang me plaît, non loin de l'église.

 

 

 

 

 

Deux cochons en liberté mènent leur vie dans les fossés des chemins.

 

 

 

LIENS avec ce TEXTE :

 

14/10/2013: LES FRESQUES D'UBISA (11.10.2013) (16 PHOTOS)


12/10/2013: CIMETIÈRES (UBISA) (11.10.2013) (6 PHOTOS)

 

 

 

Lionel Bonhouvrier.

 


Lien

Publié à 15:59, le 10/11/2013 dans A4. RECIT, Ubisi
Mots clefs :

MAÏS, GRENADES ET KARALIOKI (Kistauri) (Kakhétie, octobre 2013) (14 PHOTOS)

 

 

 

 

 

 

MAÏS, GRENADES

 

 

ET KARALIOKI

 

 

 

(Kistauri)

 

 

 

 

 

 

 

 

1

 

 

 

En octobre, je séjourne quelques jours à Shrosha (Imérétie) puis à Kistauri (Kakhétie).

Les vendanges, les churchkhelas ou la castration des cochons font l'objet d'articles.

Parlons maintenant de maïs, de grenades et de karalioki.

 

 

 

2

 

 

 

Les épis de maïs sèchent sur les terrasses des maisons.

On les attachent par les feuilles pour les suspendre à cheval sur les balcons, exposés directement au soleil.

La place manquant, on les suspend sur des cordes comme du linge.

 

 

 

 

 

Souvent, on stocke les épis nus sur le sol des terrasses, dans les zones les plus ensoleillées.

C'est un terrain de jeu intéressant pour les enfants.

 

 

 

 

Ils s'amusent à lancer les épis contre les murs, pour créer de nouveaux tas.

 

 

Quand les cochons s'agitent, grognent de plus en plus dans la porcherie, c'est qu'ils ont faim.

On remplit sur la terrasse un seau de maïs.

La distribution faite, les cris cessent.

 

 

On ne laisse pas les épis sur la terrasse, mais on les stocke dans un grenier, où ils sont mieux protégés.

 

 

 

 

 

Certains épis de maïs sont magnifiques.

Que pensez-vous de ces couleurs ?

 

 

 

 

 

 

3

 

 

 

Je trouve des grenadiers un peu partout en Géorgie.

Se gorger d'une grenade mûre, c'est mordre la bouche d'une femme à l'haleine capiteuse.

 

 

 

 

 

En octobre, les fruits sont encore durs, il faut attendre pour les cueillir.

 

 

Le rouge soutenu des grenades attire.

On les dirait vernies, une à une, par un peintre méticuleux, après chaque averse.

 

 

 

 

 

Faire rôtir de la viande sur un feu de bois dans la nature est un plaisir indispensable entre amis.

Avant de servir, arroser la viande d'un jus de grenade...

 

 

 

 

 

À Shrosha, je découvre des grenades merveilleusement éclatées.

On pense à certaines plantes carnivores s'apprêtant à gober un insecte. Ou à des sexes de femme grands ouverts.

Depuis toujours, les hommes ont fait de la grenade le fruit érotique par excellence.

 

 

 

 

 

4

 

 

 

La Géorgie est couverte d'arbres aux fruits oranges.

 

 

 

 

 

On croit voir d'abord des orangers.

Selon la distance et la lumière, on peut imaginer des abricots ou des pêches.

 

 

 

 

 

Mais en s'approchant, le doute n'est plus permis : cet arbre peu connu en France n'a rien de commun avec l'oranger.

 

 

 

 

 

Son fruit s'appelle karalioki.

Lorsqu'il est très mûr, il devient rouge et porte le nom de khurma. Je le préfère rouge à orange.

La chair devient fondante, juteuse, c'est un régal.

 

 

 

 

 

 

Lionel Bonhouvrier.

 



Lien

Publié à 14:05, le 8/11/2013 dans H. VIE RURALE, K'istauri
Mots clefs :

CHÂTRONS LES COCHONS ! (Kistauri) (Kakhétie, octobre 2013) (13 PHOTOS)

 

 

 

 

 

 

 

CHÂTRONS LES COCHONS !

 

 

(Kistauri)

 

 

 

 

 

 

 

 

1

 

 

 

À la ferme, certains travaux sont plaisants, d'autres beaucoup moins.

Pour châtrer les cochons, on trouve moins de volontaires que pour fabriquer des churchkhelas...

 

 

Maia ne veut pas voir ça.

Loin de la basse cour, elle se réfugie à l'étage dans une chaise longue, parmi les épis de maïs, qui sèchent sur la terrasse avant d'être stockés au grenier.

Malheureusement, les cris des porcs sont perçants...

 

 

 

 

 

2

 

 

 

Cette fois, je photographie sans participer à l'opération "Châtrons les cochons !"

De la porcherie, située dans la basse cour, Nodari extrait un jeune porc. Il le soulève, le porte cahin-caha jusqu'à son matériel. Il le plaque sur le sol :

 

 

 

 

 

Le porc se débat, pressent une catastrophe. Il gigote et hurle à pleins poumons. Son instinct ne le trompe pas.

Un mauvais plan menace ses valseuses.

 

 

 

 

 

Nunuka et une voisine aident à immobiliser l'animal.

Non sans mal. Elles tiennent la tête et les pattes.

 

 

 

 

 

Nodari dégage les bourses, les nettoie à l'alcool.

 

 

 

 

 

Vétérinaire, il opère rapidement, avec dextérité.

Au scalpel, il incise la peau de la bourse, sort la gonade :

 

 

 

 

 

 

 

Le porc se tord de douleur, hurle à la mort.

C'est poignant, cela retourne le coeur.

Mais il est immobilisé fermement.

 

 

 

 

Nodari coupe le nerf tenant la gonade, la dépose dans un bassin de chirurgie :

 

 

 

 

Il nettoie la plaie à l'alcool, puis la désinfecte :

 

 

 

 

 

Procédé identique pour extraire la seconde boule.

À la fin de l'opération, on lâche le porc, privé de ses baloches. Il s'enfuit aux fins fonds de la basse cour, se dissimule derrière des arbres.

 

 

Les habitués surveillent chaque porc lâché.

Une vengeance est-elle possible ?

Mais le traumatisme les pousse à se cacher très loin.

 

 

Nunuka abandonne au second cochon, se replie vers la maison. La voisine la remplace efficacement...

Et son garçon de neuf ans assiste aux castrations sans montrer de sensibilité.

 

 

Bilan de ces opérations chirurgicales :

 

 

 

 

Alerté par les hurlements, un voisin arrive en renfort.

Il y a sept cochons à dévaliser de leurs bijoux de famille.

Au quatrième ou au cinquième, je fuis basse cour et hurlements. J'ai fait le plein de photos.

Rester serait un supplice.

 

 

Dernier regard aux pauvres ennuques. 

Être contraints d'abandonner leurs oeufs dans le poulailler, quelle honte !

Pour le moment, il remuent le sol de leurs groins insatiables.

 

 

 

 

3

 

 

 

Le lendemain, un plat attire les regards sur la table familiale.

En France, nous appelons cela des rognons.

Les amateurs ont-ils oublié la razzia sur les cochons ?

 

 

Quel plaisir de canibales à faire mijoter ces balles aux oignons et aux herbes dans la poelle !

Avec du persil, c'est meilleur.

Pendant que leurs ex-propriétaires fouillent la basse cour de leurs groins, entre deux soupirs, obsédés à la mangeaille.

 

 

 

LIENS avec ce TEXTE :

 


30/10/2013: CHURCHKHELA (Kistauri) (octobre 2013) (9 PHOTOS)


9/10/2013: VENDANGES À SHROSHA (9.10.2013) (12 PHOTOS)

 

 

 

Lionel Bonhouvrier.

 



Lien

Publié à 08:21, le 7/11/2013 dans H. VIE RURALE, K'istauri
Mots clefs :

ALAVERDI ou de l'UBIQUITÉ (Kakhétie, octobre 2013) (13 PHOTOS)

 

 

Drapeaux de l'État et de l'orthodoxie de Géorgie

(Croix de Sainte-Nino).

 

 

 

 

ALAVERDI

 

ou

 

de l'UBIQUITÉ

 

 

 

 

 

 

 

1

 

 

 

 

D'où que l'on vienne

 

de la montagne comme de la plaine

 

on repère de très loin

 

une tâche blanche

 

presque lumineuse

 

dans la plaine de l'Alazani :

 

c'est Alaverdi

 

 

 

Quand la voiture ne réalisait pas 

 

nos désirs avant même de les formuler

 

l'approche d'Alaverdi

 

était exaltante

 

 

 

Les pèlerins descendaient le Grand Caucase

 

passaient le dernier col à l'ouest

 

ou marchaient depuis l'Azerbaidjan

 

le joyau de pierres

 

scintillait dans la lumière

 

 

 

 

2

 

 

 

Dimanche 27 octobre 2013.

Après deux jours passés à Kistauri entre amis, nous visitons en vingt minutes le monastère d'Alaverdi.

Élections présidentielles obligent, nous devons arriver à Tbilissi avant la fermeture des bureaux de vote.

Ce texte n'est qu'une ébauche, que je nourrirai grâce à une seconde visite, où je serai maître de mon temps.

 

 

Le monastère est fondé par le moine assyrien Joseph Alaverdeli, venu d'Antioche, qui s'installe à Alaverdi.

Certaines parties du monastère datent du VIème siècle.

Au XIème siècle, le roi de Kakhétie Kvirike le Grand construit la cathédrale.

 

 

Dans la plaine et ses pourtours, la cathédrale est visible de très loin grâce à sa hauteur de 55 mètres.

Monticule blanc posé sur la plaine agricole verte.

Selon Nodari, les vignobles extérieurs à l'enceinte n'appartiennent plus au monastère. Ils ont été achetés par de riches investisseurs étrangers.

 

 

En approchant, le mur fortifié de tours, qui protège le vaste domaine, surprend par sa longueur.

 

 

.

 

 

 

Au niveau de l'entrée, de larges douves font de ce monastère une place difficile à prendre d'assaut.

 

 

 

 

 

3

 

 

 

 

 

Aujourd'hui, arbres et ruches voisinent dans les douves.

 

 

Un clocher surmonte la solide porte d'entrée.

 

 

 

 

Dans la cour, les ceps de vignes s'alignent, portent des raisins blancs et noirs.

De façon traditionnelle, ils sont plantés verticalement, tenus par liens entourant des tuteurs.

 

 

 

 

Depuis des siècles, le monastère d'Alaverdi est célèbre pour son vin.

 

 

De l'autre côté du sentier, les moines ont planté sur la pelouse de jeunes oliviers. Dans quelques années, une récolte supplémentaire d'olives sera possible.

 

 

 

 

 

Devant nous, la masse de pierres blanches de la cathédrale s'impose.

 

 

 

 

 

4

 

 

CATHÉDRALE SAINT-GEORGES D'ALAVERDI

 

 

 

Depuis le XIème siècle, c'était le plus haut bâtiment religieux de Géorgie.

Mais la cathédrale de la Trinité de Tbilissi, consacrée en 2004, détrône Alaverdi de ce titre de gloire.

 

 

 

 

Au dessus de l'entrée, fresque de Saint-Georges, le saint patron de la cathédrale, qui transperce le dragon de sa lance :

 

 

 

 

 

L'intérieur m'est familier. En oubliant la fresque byzantine du choeur, je crois entrer dans une église romane de France.

La nef est vaste et haute, de lignes pure et simple.

 

 

 

 

Un mariage se prépare. Pendant que les invités attendent le pope, deux photographes prennent de l'avance.

Comme il est interdit de photographier à l'intérieur de la cathédrale, j'espère bénéficier d'une certaine tolérance si j'opère avec discrétion.

La coupole aux seize fenêtres est un puits de lumière utile :

 

 

 

 

Je commence avec la fresque principale du choeur : la Vierge et l'Enfant, entourés d'anges :

 

 

 

 

Les autres fresques sont davantage détériorées.

Au XIXème siècle, les Russes ont peint sur les fresques pour les effacer. Une partie d'entre-elles seulement ont été restaurées.

 

 

Un surveillant m'interpelle et je cesse de photographier.

Mes amis s'apprêtent d'ailleurs à quitter l'église. 

D'habitude, j'ai le temps de me plier à l'interdiction, puis de désobéir à la première occasion...

 

 

Le monastère est le centre d’une célébration annuelle religieuse, l’Alaverdoba.

Le dernier dimanche de septembre, cette antique fête des moissons réunit chrétiens et musulmans de la région depuis des siècles.

La fête des vendanges d'Alaverdi culmine le 28 septembre, jour de la Saint-Joseph d'Alaverdi.

 

 

 

5

 

 

 

Alaverdi ou de l'ubiquité

 

nous sommes partout

 

nous ne sommes nulle part

 

en quelques heures nous découvrons

 

Alaverdi, Ujarma, Tbilissi

 

nous consommons ces lieux

 

en gloutons affamés d'espace

 

 

 

Que reste-t-il de ces expériences ?

 

Une soif inaltérable

 

pour quelque chose qui compte

 

qui marque le temps

 

aux braises, d'un sceau indélébile 

 

 

 

 

Lionel Bonhouvrier.

 



Lien

Publié à 08:23, le 5/11/2013 dans F1. EGLISE ORTHODOXE, Alaverdi
Mots clefs :

DES VIGNES ET DES ARBRES (Kistauri) (Kakhétie, oct. 2013) (10 PHOTOS)

 

 

 

 

 

 

DES VIGNES ET DES ARBRES

 

 

(Kistauri)

 

 

 

 

 

 

 

 

Dans une autre vie

 

je fus un jardinier épanoui

 

ébloui de l'aube au crépuscule.

 

 

 

 

 

 

Quant au jardin d'Eden

 

le travail n'y existait pas

 

mais j'y plantais des vignes et des arbres.

 

 

 

 

 

 

Manger des fruits, boire du vin

 

cela ne suffit pas.

 

 

 

 

 

 

Le bonheur est de parfaire

 

ce que nature invente

 

en sa fécondité généreuse.

 

 

 

 

 

 

Le jour, nous aidons les pommiers

 

à pondre des pommes

 

les raisins à devenir vin.

 

 

 

 

 

 

La nuit, à des récoltes

 

gargantuesques

 

nous rêvons

 

 

 

 

lors de fraternités impensables

 

nous nageons dans des océans de vin

 

bondissons, espiègles dauphins.

 

 

 

 

 

 

Lumière de création du monde.

 

 

Les feuilles des ceps déclinent

 

les couleurs de l'arc-en-ciel :

 

vert, jaune, ocre, orange, rouge, rouille, brun, violet...

 

 

 

 

 

 

Les poumons régénérés

 

tout me passionne :

 

vignes en feu

 

arbres jaunes en fête

 

buissons, fleurs, bottes de foin

 

maisons, cabanons dispersés,...

 

 

 

 

 

 

 

Lionel Bonhouvrier.

 



Lien

Publié à 08:11, le 31/10/2013 dans A1. LITTERATURE, K'istauri
Mots clefs :

CHURCHKHELA (Kistauri) (Kakhétie, octobre 2013) (9 PHOTOS)

 

 

 

 

 

 

CHURCHKHELA

 

 

(Kistauri)

 

 

 

 

 

 

 

 

1

 

 

 

C'est une friandise fameuse, consommée traditionnellement en hiver, en particulier pendant les fêtes de Noël et du jour de l'An.

Aujourd'hui, on la mange aussi le reste de l'année.

 

 

Certains touristes, débarquant à Tbilissi, croient y voir des saucisses...

Pourquoi pas des haricots verts géants, à la couleur inhabituelle ?

 

 

 

2

 

 

 

1. Éplucher des noix et les enfiler comme des perles.

 

 

 

 

 

À la place des noix, on peut utiliser des noisettes ou des amandes. Les churchkhelas aux noisettes sont délicieuses.

 

 

2. Préparer la pâte avec : jus de raisin et farine.

Selon le goût de la pâte (pelamushi), on peut rajouter du sucre et du miel.

 

 

3. Chauffer la pâte dans un chaudron sur un feu de bois, constitué de sarments de vigne, à l'arôme particulier.

 

 

 

 

 

4. Chauffer à ébulition.

La pâte devient lave, des bulles s'y forment et éclatent.

 

 

5. Remuer la pâte avec une pelle de bois, en raclant le chaudron.

 

 

 

 

 

6. Plonger dans la pâte un collier de noix.

Bien l'enrober de pâte.

On peut faire une rigole avec la pelle, c'est efficace.

 

 

7. Chaque churchkhela est suspendue à une branche , tenue à l'horizontal par une personne.

Un bout de la branche repose sur le haut d'une chaise.

 

 

 

 

 

8. Les churchkhelas sont placées de façon à ce qu'elles ne puissent se toucher, même en bougeant.

 

 

9. Quand la branche est pleine, on la suspend à un portique pour laisser sécher les friandises.

 

 

 

 

10. Le portique est un assemblage de branches.

Il repose sur le sol et sur le toit d'une atelier.

 

 

11. Cette activité peut occuper toute la famille : chacun donne volontiers un coup de mains.

 

 

 

 

 

12. Quand le portique est plein, l'effet est réjouissant.

Le soir, une bâche de plastique protège de la pluie ou de la rosée.

 

 

13. On récupère le reste de la pâte dans assiettes ou plats. Nous raclons au fond du chaudron la pâte la plus savoureuse !

 

 

 

 

 

14. Conclusion :

Après deux semaines de pendouillage au sec, les 180 churchkhelas sont prêtes. Régalons-nous !

 

 

 

LIENS avec ce TEXTE :

 

7/11/2013: CHÂTRONS LES COCHONS ! (Kistauri) (Octobre 2013) (13 PHOTOS)


9/10/2013: VENDANGES À SHROSHA (9.10.2013) (12 PHOTOS)

 

 

 

Lionel Bonhouvrier.

 



Lien

Publié à 15:17, le 30/10/2013 dans G. MANGER, BOIRE, K'istauri
Mots clefs :
Page précédente
Page 1 sur 2